schéma d’un follicule pileux avec les différentes couches de la peau et la couche graisseuse

Graisse autologue et greffe de cheveux : quel impact réel sur la repousse ?

La recherche de nouvelles solutions pour stimuler la croissance des cheveux mène la médecine moderne sur des pistes souvent inattendues. L’une d’elles suscite de plus en plus d’intérêt : l’utilisation de cellules souches issues de la graisse autologue (graisse prélevée sur le patient).

Mais comment la graisse pourrait-elle influencer la croissance capillaire ? Et une combinaison entre cellules graisseuses et greffe capillaire peut-elle réellement améliorer les résultats ?
Dans cet article, nous analysons de manière scientifique les connaissances actuelles sur les cellules souches adipocytaires, leur rôle potentiel dans la régénération capillaire — et ce qui est réellement possible aujourd’hui.

En quoi consiste la thérapie capillaire à base de graisse ?

Contrairement à certaines idées reçues, la graisse n’est pas directement transplantée dans le cuir chevelu. Les cellules souches du tissu adipeux appelées ACS, Adipose-derived Stromal/Stem Cells) sont étudiées pour leurs effets potentiels. Elles peuvent soutenir l’activité des follicules pileux via la libération de facteurs de croissance, la réduction de l’inflammation locale et l’amélioration de la circulation sanguine.

L’objectif est d’accompagner la repousse dans un contexte de perte de cheveux débutante ou en complément d’une greffe capillaire.

Comment se déroule l’application ?

Le protocole se déroule généralement en trois étapes :

  • Prélèvement de graisse (liposuccion douce)
    La procédure débute par une liposuccion douce permettant de recueillir une faible quantité de graisse, soigneusement prélevée sur des zones telles que l’abdomen ou les cuisses, afin de préserver l’intégrité des cellules.
  • Traitement du tissu adipeux
    La graisse prélevée est ensuite traitée et purifiée afin d’isoler les cellules souches du tissu adipeux, à l’aide de procédés mécaniques, comme la centrifugation, ou de techniques enzymatiques spécifiques.
  • Injection dans le cuir chevelu
    Les cellules isolées — ou un micro-échantillon appelé nanofat — sont injectées dans les zones dégarnies ou en début d’amincissement.

Cette technique est parfois associée à une greffe capillaire pour favoriser la régénération tissulaire et optimiser la repousse post-opératoire.

Que dit la recherche scientifique ?

La recherche est prometteuse mais encore préliminaire :

  • Certaines études montrent une augmentation modeste de la densité capillaire chez des patients atteints d’alopécie androgénétique.
  • D’autres suggèrent que l’injection de cellules graisseuses pourrait améliorer l’intégration et la survie des greffons après transplantation.
  • Les techniques de nanofat sont également étudiées pour leurs capacités régénératives sur la peau et les follicules.

Cependant, les chercheurs sont unanimes :
➡️ il manque encore des études à long terme, à grande échelle et contrôlées.
Pour l’instant, l’utilisation de cellules souches issues de la graisse reste expérimentale, même si son potentiel est réel.

Avantages et limites : résumé

Avantages potentiels

  • Régénération de follicules affaiblis (début d’alopécie)
  • Amélioration de la vascularisation du cuir chevelu
  • Soutien de la cicatrisation après greffe capillaire
  • Utilisation de cellules 100 % autologues (aucun produit étranger)

Limites actuelles

  • Ne remplace pas une greffe en cas de calvitie avancée
  • Résultats encore variables et non garantis
  • Absence de protocole standardisé
  • Effet dépend fortement de la biologie individuelle

Où la méthode est-elle utilisée aujourd’hui ?

Image avant après greffe de cheveux saphir 4500 greffons Didac Scheffler

Quelques cliniques spécialisées dans le monde testent cette approche comme thérapie adjuvante, principalement en complément d’une greffe FUE ou DHI.

Cependant :

➡️ La greffe de cheveux reste aujourd’hui le seul traitement offrant un résultat durable et prouvé scientifiquement.

Les méthodes FUE et DHI permettent :

  • une implantation précise,
  • une densité naturelle,
  • une direction de pousse contrôlée,
  • des résultats permanents sans cicatrice visible.

En esthétique, le nanofat est davantage utilisé pour le rajeunissement de la peau du visage que pour la repousse des cheveux — preuve que la recherche capillaire est encore en phase d’évaluation.

Conclusion : prometteur, mais pas encore un substitut

L’idée d’utiliser la graisse autologue pour stimuler la repousse capillaire est innovante et témoigne des avancées de la médecine régénérative. Les premières études confirment un potentiel réel, notamment en soutien d’une greffe capillaire.
Cependant, nous sommes encore loin d’une thérapie standardisée ou universelle.

Pour l’heure, les personnes souhaitant une solution fiable contre la perte de cheveux doivent se tourner vers les méthodes éprouvées, comme la greffe FUE ou DHI.
Les techniques régénératives — PRP, cellules adipeuses et, peut-être demain, thérapies cellulaires avancées — peuvent compléter ces traitements, mais ne constituent pas une alternative autonome.